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Danycan, le sauvetage d'un classe III mythique
Le chantier Jezequel de Saint-Martin des Champs (voir liens):
Le premier des conseillers fut Alain Jezequel. Rien d'étonnant à cela s'agissant du patron du chantier ayant abrité Danycan pendant plus de vingt ans... Alain Jezequel est le petit
fils de l'ancien contre-maître du chantier Moguérou à Carantec. Le grand-père, qui se prénommait également Alain, repris avec son fils Georges, ce chantier dans le début des années
50. Alain Jézequel seconda son son père Georges dans les années 70 et lui succéda ensuite. Puis il reprit reprit le chantier que Georges Silvant avait installé à Saint-Martin des Champs
suite à la vente de son chantier de Conflans Sainte-Honorine. Alors qu'Alain Jezequel n'assurait initialement sur ce site que des travaux de gardiennage et d'entretien, il transféra vers
Saint-Martin des Champs la construction de ses bateaux à partir de 2005.
Assez rapidement Alain Jezequel confirma mes craintes quant à la pourriture de la quille, la faiblesse ou les doutes sur l'étambot et sur les remplis de quille. De même nous identifiâmes ensembles les endommagements du bordé supérieur, de la préceinte . Alors que je m'inquiétais d'une fente de l'étrave au niveau de la boulonnerie axiale assurant la liaison avec l'allonge d'étrave, il me rassura tout de suite pour me préciser que cela n'était pas préoccupant et qu'il faudrait anticiper d'autres problèmes du même type sur les autres boulons et ferrures anciennement galvanisées. Le risque était l'éclatement à terme de toutes les laisons axiales telles que les assemblages d'allonge d'étrave, de poupe...
Alors que je lui demandai, en septembre
2008, si le chantier de restauration de Danycan pouvait l'intéresser, Alain Jezequel eut la franchise de me dire d'emblée que sa charge ne lui permettait pas d'envisager les premiers
travaux avant 2 ans. Je compris quelques mois plus tard lors que je vis son atelier de construction neuve rempli de 3 Cormarans à livrer pour l'été 2010 (voir photo ci-contre). Il s'agissait
presque d'une construction de série...
Le chantier Y&Y de Pouldavid près de Douarnenez-Tréboul:
J'ai rencontré Monsieur Tanguy dans le cadre de la demande de devis que je lui ai adressée. Lors de sa visite, il mît en évidence le fait que l'un des barrots principaux avait
travaillé à bâbord comme à tribord au niveau de la liaison avec la serre-bauquière. Une sorte de poinçonnement de 1 à 2 milimètre comme si un gros paquet de mer avait généré un coup de boutoire;
par exemple lors d'une gîte prononcée et une mer formée.
Monsieur Tanguy fut la première personne à me conseiller de prendre contact avec la Direction Régionale des Affaires Culturelles.
Le chantier du Guip de Brest:
Yann Maufret fit également le déplacement dans le cadre de l'élaboration des premiers devis. J'ai tout de suite senti son intérêt pour mon projet et son caractère
patrimonial. Ses conseils étaient évidemment très avisés et bien que je n'aie pu me payer le luxe de m'offrir ses services je le remercie de répondre encore à mes questions.
Monsieur Maufret fut la seconde personne à me conseiller de tenter une démarche de classement aux monuments historiques du fait du palmarès prestigieux et des liens avec la famille Tabarly.
Pour constater les prouesses faites par les orfèvres de "Maître Mauffret" alors rendez-vous sur:
http://www.chantierduguip.com/
Pierre Tertu du chantier Tertu de Rostellec - Le Fret Crozon:

Evidemment étant donné mon lieu de résidence il aurait été insensé de ne pas aller prendre conseil auprès du fils d'un ancien constructeur de bateaux réputé de la presqu'ile, que dis-je du Fret.
En effet, après avoir analysé les devis et constaté que le montant total s'élévait à des sommes importantes et hors de budget pour ce qui me concernait, je me rapprochai de Pierre, voisin de mes
beaux parents pour le sonder sur l'idée de faire un certain nombre de travaux moi-même.
Deux options s'offraient à moi:
1 - trouver un hangar à proximité de chez moi au Fret
2 - ou en construire un temporairement sur mon terrain.
Pierre m'a tout de suite alerté sur les difficultés d'une telle entreprise et m'a immédiatement conseillé de m'adresser à un chantier si possible local ( "Tu vas chez Jean-Marc Bodenan à Camaret
par exemple" me disait-il "Moi je ne fais plus ce genre de travaux, je suis trop vieux..." "Méfie toi avec le bois on a toujours des surprises...").
Après m'avoir déconseillé de conduire ce chantier tout seul , il m'expliqua néanmoins comment construire un hangar temporaire de type "serre légumière". Il venait d'en
construire un pour réparer un trimaran d'une dizaine de mètres...

L'extrait ci-contre d'une revue Le Yacht , montre le "Meil Ar Chaz" (en haut à gauche) d'Auguste Tertu sur plan Tertu en tête de la flotte de la Coupe "Vieille Cure" organisée par la société
des Régates de Brest le 10 juillet 1949.
Non seulement le Meil Ar C'Haz gagnait toutes les régates lorsqu'Auguste Tertu le faisait naviguer à la fin des années 40, mais il gagne encore
la course contre le
temps puisque sa silhouette (en fait celle d'une construction à l'identique de ateliers de l'Enfer) perdure encore pour le plus grand bonheur des amoureux du yachting classique. Ci-contre à
Camaret en Avril 2010...
Les conservateurs de la DRAC et leur expert, Jacques Pichavant:
Le premier contact que j'eus avec la DRAC fut Monsieur Alain Decaux. Je lui adressai assez rapidement un dossier début 2009 et sous un mois nous eûmes notre premier
rendez-vous.
Il était accompagné de l'expert de la DRAC en la personne de Jacques Pichavant. Je passais au moins deux heures en compagnie de ces deux "monstres" du yachting classique à leur conter mon projet
et à leur faire visiter le bateau un après midi maussade de fin d'hiver. L'un était doté d'une passion pour les missions impossibles du sauvetage de vieux voiliers et l'autre était
fort d'une incomparable expérience de la construction de yachts de pêche, de croisière ou de course.
Contre toute attente, je fus invité au coquetèle de départ à la retraite d'Alain Decaux en juillet 2009. Inquiet pour la suite de mon dossier, c''était sans compter sur Mme Jablonski qui
reprit en septembre 2009 ce dossier avec grande efficacité et qui ne mit même pas deux mois pour obtenir l'arrêté d'inscription parmi les monuments historiques auprès de la
commission départementale des ouvrages et des monuments (voir album photo extraits livres et revues).
Dans le cadre de la valorisation de mon projet indispensable dans la perspective de la recherche de subventions de la part de la région et du département, j'ai décidé de proposer une convention
de partenariat au club nautique de Crozon Morgat en vue de la participation de Danycan à certaines régates du Challenge Classique.
En décembre 2011, Alain Decaux nous a quitté et je ne peux m'enpécher d'avoir une pensée pour lui et ses proches. Sans lui le projet de restauration de Danycan en tant que monument historique
n'aurait peut-être pas vu le jour.
L'aide précieuse et les conseils d'un grand architecte, Georges Auzepy-Brenneur:
Suite à une question relative aux origines et palmarès de Danycan que j'avais posée aux éditions du Chasse-Marée en novembre 2008, j'avais eu la surprise de trouver une
réponse dans les colonnes du lecteur du CM n°212 de début 2009 (voir album photo - extraits de revues et livres). Cette réponse était signée Georges Auzepy-Brenneur. C'est ainsi qu'un soir
je me décidai à l'appeler pour en savoir plus et obtenir d'autres pistes de recherche. Cet échange alla au-delà de mes espérances car très rapidement cet architecte renommé me proposa son soutien
et ses conseils précieux. Depuis, cette époque nous échangeons très régulièrement sur les points clés de la restauration et Georges Auzepy--Brenneur a déjà fait le voyage sur Camaret pour venir
voir l'état général des éléments non remplacés (massif d'étambot, étambot, pieds de membrure...) en début de restauration et me conforter dans les choix structurants de cette
restauration. Il est également toujours disponible pour répondre à mes questionnements lorsque je doute ou lorsque les travaux ne se déroulent pas comme nous l'avions prévu lui et moi ou lors de
la survenue d'aléas. De plus , le fait que Georges Auzepy-Brenneur ait travaillé avec Eugène Cornu est une chance supplémentaire et gage de conservation de l'esprit de la construction initiale.
Je tiens réellement à remercier Monsieur Auzepy-Brenneur pour sa démarche.
Vous pourrez en savoir plus sur cet architecte ( inventeur des Tigres, Rorquals, Atalantes... et autres très beaux voiliers) en cliquant sur le lien ci-après:
http://www.chasse-maree.com/Les-Parrains/georges-auzepy-brenneur.html
A tout seigneur tout honneur; les conseils avisés de la famille de Rosanbo:
Ma chance de propiétaire passionné est de pouvoir échanger avec le comte de Rosanbo en personne, ses enfants ainsi que son ex-épouse, Mme de Barbantane. C'est d'abord
cette dernière que je pus contacter et qui répondit avec beaucoup de gentillesse à mes questions pressantes. Elle accepta d'ailleurs un entretien à l'occasion duquel elle me donna accès
à des archives personnelles très riches et me conta les premières anecdotes relatives au passage des Tabarly à bord de Danycan . De son côté, Monsieur de Rosanbo me fit
part d'autres souvenir de skipper et ne tarda pas à me donner des conseils de manoeuvre: vigilance vis à vis du guignol lors de l'affalage du spi, préconisation de mise en place d'un système
autovideur pour le cockpit... De plus, ce dernier me donna le dossier de jaugeage de Danycan qu'il avait constitué et précieusement archivé et me prêta ses archives photographiques ou
documentaires de régate pendant plusieurs mois afin que je puisse faire réaliser des copies. Il m'aida à reconstituer le palmarès de Danycan.
Je remercie toute la famille de Rosanbo pour le soutien et la gentillesse avec laquelle elle accepte de répondre à mes questions répétées et parfois saugrenues.